Fonction de production, productivité et progrès technique à l'hôpital : une étude statistique par catégories d'établissements
Author :
Centre national de la recherche scientifique, Institut de mathématiques économiques Gadreau, M. Maréchal, B.
Abstract :
Au-delà des tendances politiques et des écoles de pensée, la maîtrise des dépenses sociales parmi lesquelles les dépenses de santé, apparaît comme l'un des dénominateurs communs des politiques de rigueur que les
principaux pays développés ont mises en place ces dernières années face
à la crise économique. En France ce phénomène tient sans aucun doute
aux modalités de financement des prestations sociales qui répercutent partiellement toute augmentation des dépenses sur les coûts de production
des entreprises contrariant ainsi directement ou indirectement la stabilité des prix et la compétitivité extérieure des entreprises. Mais on oublie trop souvent ou on sous-estime fortement les effets moteurs positifs des dépenses sociales sur la croissance économique. Le modèle METRIC utilisé au cours du VlIIème plan a permis entre autres la simulation de l'impact de sept variantes relatives au redressement de la Sécurité Sociale, sur quelques grandeurs macroéconomiques (1). La baisse des prestations hospitalières apparaît très défavorable à l'emploi : pour un point de P.I.B. en moins, la baisse de l'emploi est de 112 000 unités alors qu'un point de P.I.B. en moins consécutif à une hausse de l'impôt sur le revenu (ajustement des recettes aux dépenses) induit une baisse d'emploi de 86 000 unités ; et un point de P.I.B. en moins consécutif à la création d'une taxe sur la valeur ajoutée, une baisse d'emploi de 83 000 unités seulement. Plus néfaste à l'emploi que ne le seraient les prélèvements fiscaux nécessaires pour l'éviter, une baisse des prestations hospitalières apparaît par ailleurs particulièrement inefficace pour améliorer le solde extérieur dans la mesure où elles portent en général sur des produits peu importés. Or le secteur hospitalier où le facteur travail constitue actuellement plus des deux tiers du coût de fonctionnement et qui représente plus de 50 % des dépenses hospitalières est particulièrement visé par la politique actuelle de rationalisation de l'activité hospitalière. Et le
débat n'est pas clos, quant à savoir quel effet sur l'emploi, positif ou négatif, l'emporte sur l'autre. (...)