La prospective aux Etats-Unis : de la rigueur au divertissement
Author :
Roubelat, Fabrice
Abstract :
"Il n'existe plus de consensus sur la manière de décrire ou de
classer les outils ou les approches que les "futurists" utilisent" affirmait
il y a maintenant deux ans2 Roy Amara, le fondateur de l'Institute for
the Future, un des pionniers de la prospective américaine, la futures
research. Vu de France, ce manque de "consensus" se transforme en une
impression de recul de la rigueur au profit de ce que l'on serait tenté de
qualifier, a priori, de divertissement.
C'est ce phénomène que nous avons cherché à mieux comprendre
en tissant des liens avec les centres de prospective américains, d'abord
dans le cadre d'une mission d'étude3 qui nous a conduit en mai 1993,
avec le Professeur Michel Godet à Washington et à San Francisco, puis
par une participation au XIIIe congrès de la World Futures Studies
Federation, et enfin par l'organisation, à Ispra (Italie), avec l'aide de
l'Institut de Prospective Technologique de la Commission de l'Union
Européenne, d'un séminaire international intitulé "Methods and tools
in strategie prospective: retrospective and perspectives"4.
Derrière cette tentative d'ouverture vers ce qui reste pour ceux qui
s'intéressent à la méthodologie de la prospective "l'Ancien monde" se
cachaient en fait un certain nombre d'interrogations sur la pertinence
des outils utilisés en prospective et sur les effets de mode qui semblent
influencer les pratiques en la matière.