SIDA, maladies associées : pistes pour de nouveaux médicaments
Author :
Auclair, Christian
Bousseau, Anne
Costagliola, Dominique
Dei-Cas, Eduardo
Dormont, Dominique
Junien, Jean-Louis
Katlama, Christine
Melchior, Jean-Claude
Marsac, Jean
Moatti, Jean-Paul
Perronne, Christian
Rouzioux, Christine
Sonigo, Pierre
Souteyrand, Yves
Tardieu, Marc
de la Tullaye, Jean
Yeni, Patrick
Institut national de la santé et de la recherche médicale
Abstract :
En France, l'infection par le VIH atteindrait actuellement 70 000 à 160 000
personnes. Même si l'incidence des cas de sida diminue dans tous les groupes de
transmission, le nombre de cas continue à augmenter, sauf dans le groupe des
hémophiles et des transfusés. Le nombre de nouveaux cas dans le groupe des
homo-bisexuels a tendance à se stabiliser. L'analyse des données de la base DMI 2
montre que, chaque année, 20 à 25 % des sujets inclus développent un sida. Ce
taux est cependant surestimé du fait de l'avancement des sujets dans la maladie;
effectivement, le passage réel à la pathologie parmi les sujets contaminés toutes
catégories confondues est de l'ordre de 5 %. Le suivi des patients de la base DMI 2
permet également de tracer l'incidence des principales pathologies opportunistes
rencontrées au cours de la maladie on peut ainsi noter le recul de la
pneumocystose, de la toxoplasmose et de la tuberculose, et l'augmentation relative
des infections à cytomegalovirus, des mycobactérioses atypiques et des
cryptosporidioses.
En termes de coûts, la lutte contre le VIH a représenté pour l'année 1993 5,348
milliards de francs, soit 0,7 % du budget de la dépense nationale de santé.
Soixante-dix pour cent de cette dépense sont consacrés à la prise en charge
médicale des patients. En 1993, le coût annuel total de 1'hospitalisation d'un patient
infecté par le VIH variait de 30 000 francs pour les sujets asymptomatiques à 140
000 francs pour les patients en phase de sida déclaré. La prise en charge extrahospitalière
(hospitalisation à domicile, hôpital de jour, consultations externes) a
tendance à se développer aux dépens de l'hospitalisation classique. Cela démontre
la contribution à l'activité de soins de l'entourage du patient, du patient lui-même et
du secteur associatif. Enfin, les modes de prise en charge, et par conséquent les
coûts, varient significativement d'un hôpital à l'autre.
Depuis plus d'une décennie, les programmes de recherche se sont diversifiés non
seulement dans le domaine de la rétrovirologie, mais aussi dans le champ des
pathologies associées du sida. L'amélioration de la qualité de vie est
progressivement devenue un objectif de recherche important, car les patients souffrent non seulement de l'infection elle-même, mais également des
effets délétères, pénibles et invalidants de certains traitements.
Une infection virale persistante et progressive
L'Expertise collective s'est dès le départ appuyée sur des travaux éclairant d'une
lumière nouvelle la physiopathologie de l'infection par le VIH. Parmi ceux-ci, les
plus récents ont confirmé le caractère dynamique du processus infectieux, qui se
manifeste par une réplication massive et ininterrompue du virus dès son entrée dans
l'organisme. Cette réplication constante, longtemps mal évaluée, entraîne une
réponse immunitaire intense, dont l'efficacité et la durée se mesurent à l'absence de
manifestations cliniques, durant ce qui a été appelé, à tort, la phase latente de
l'infection.
Pendant cette phase dite Symptomatique, les ganglions lymphatiques et la rate
constituent les principaux réservoirs du VIH, la virémie ne reflétant que
partiellement l'intensité de l'infection. La multiplication virale dans les organes
lymphoïdes active de façon constante le système immunitaire. L'état inflammatoire
chronique qui en découle conduit à la déstructuration des organes lymphoïdes
périphériques et à l'installation subséquente d'une immunodéficience. Par analogie
avec le modèle de l'hépatite B. l'infection à VIH peut donc être assimilée à une
adénite rétrovirale chronique active. La destruction progressive du pool
lymphocytaire, notamment des lymphocytes T mémoire, va permettre l'apparition
des pathologies opportunistes.
Une telle conception de la dynamique virale nécessite que soit élucidé le
phénomène de persistance de l'infection. Quels sont les rôles respectifs de la
latence virale (arrêt de synthèse des protéines virales), de la variabilité antigénique
considérable du VIH (permettant une évolution rapide par sélection naturelle), et
de l'aptitude du VIH à se rendre invisible pour le système immunitaire ?
Il est également primordial de mieux apprécier la nature exacte des différentes
cellules cibles de la réplication virale ainsi que les mécanismes et les conséquences
fonctionnelles de la destruction des cellules et des tissus. Cet objectif ne se limite
pas aux cellules du système immunitaire. Ainsi, l'infection des macrophages
cérébraux par le VIH est presque constante et particulièrement précoce.
Cependant, ni l'existence de souches virales à tropisme cérébral préférentiel, ni la
manière dont le virus pénètre dans le système nerveux central n'ont pu être établies.
Pendant la phase aiguë de l'infection (primo-infection), la réponse immune est
essentiellement dominée par les lymphocytes T cytotoxiques (CTLs) qui détruisent,
massivement et très tôt, les cellules infectées. L'effet des anticorps neutralisants
susceptibles de bloquer l'entrée du virus dans les cellules reste, aujourd'hui encore,
incertain...
Description :
189 pages, figures, graphiques
Subject :
Syndrome de dénutrition spécifique; Antirétroviral; Herpesvirus; Infections parasitaires; Infections fongiques; Infections à mycobactéries; Molécules anti-VIH; VIH
Date :
1996
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