| dc.description.abstract |
L’ecstasy (MDMA) fait partie d’un ensemble de drogues de synthèse, produits
psychostimulants utilisés par de jeunes adultes dans le cadre d’un certain mode de vie. La
rencontre avec un courant musical semble bien avoir décuplé sa diffusion dans les milieux
de la jeunesse branchée, jusqu’à en faire un véritable « phénomène » qui est l’objet de
préocupation pour les différents acteurs de prévention. Analyser et valider les connaissances
scientifiques disponibles sur le plan mondial représente une étape préalable indispensable à
la mise en place d’actions de prévention. Il s’agit de présenter les caractéristiques du produit,
de préciser les risques de sa consommation et les motivations et contexte de son usage, afin
de donner des moyens pour combattre et/ou gérer son utilisation. Cependant, connaître les
déterminants psychologiques qui induisent la consommation d’un tel produit est un autre
aspect du problème, tout aussi important pour la prévention primaire, et qui n’a pas été
abordé dans ce travail.
Dire que l’on ne sait rien aujourd’hui sur les risques de la consommation d’ecstasy serait
faux, mais dire que l’on sait tout serait tout aussi faux. Les très nombreux travaux réalisés
chez l’animal ont permis de comprendre le mécanisme d’action de la molécule de MDMA
sur le système nerveux central. Démontrer chez l’homme, comme cela est fait chez le singe,
l’atteinte neuronale irréversible demeure un enjeu capital, puisque peu de drogues peuvent
entraîner de tels effets. L’analyse approfondie des données cliniques publiées permet de
conclure à l’imputabilité de la molécule de MDMA dans l’apparition chez l’utilisateur d’un
certain nombre d’effets toxiques à expression périphérique, en particulier lorsque l’analyse
toxicologique confirme la présence exclusive de MDMA dans le sang ou les urines. Le
syndrome d’hyperthermie, complication grave et immédiate, est dans ce cadre bien
documenté, de même que d’autres pathologies comme les hépatites qui peuvent apparaître
après plusieurs prises. En l’absence d’une mise en évidence directe de lésions neuronales,
l’imputabilité très probable de la MDMA dans l’apparition de troubles psychiatriques et
cognitifs ne peut être déduite que de l’observation de leur fréquence chez des
consommateurs réguliers d’ecstasy. Si les effets psychotropes recherchés sont souvent
dépendants du contexte d’usage, le plus souvent festif, les effets délétères semblent bien
répondre à des susceptiblilités individuelles dont les bases biologiques restent encore à
définir. Savoir si la MDMA peut induire chez le consommateur une dépendance est
également une question essentielle, que jusqu’à maintenant les travaux réalisés chez le rat
n’ont pas permis de résoudre, tout en apportant la preuve des potentialités toxicomanogènes
de la molécule. Même si une polyconsommation est très souvent évoquée dans les travaux, il
se dégage néanmoins un profil sociologique des consommateurs qui les différencie des
usagers d’autres drogues comme l’héroïne... |
en |