| dc.description.abstract |
Les recommandations présentées s'appuient sur le travail réalisé pendant 18
mois par un groupe d'experts réunis par l'INSERM à la demande de la
Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC). Le
groupe a travaillé selon la méthodologie de l'Expertise Collective INSERM,
à partir d'une documentation internationale large relative à la génétique des
cancers du sein et de l'ovaire, leur prise en charge et les modalités
d'organisation de cette dernière.
L’ensemble des experts et les commanditaires de l'expertise ont d'emblée été
conscients de la difficulté à obtenir un consensus portant sur tous les aspects
de la prise en charge dès lors que l'on a affaire à une pratique médicale qui
n'est pas encore évaluée. En effet, il s'agit d'un domaine encore trop neuf
pour que des standards aient pu d'ores et déjà être établis. Toutefois, le
travail de réflexion et d'analyse des références disponibles et la rédaction de
recommandations sont apparus comme nécessaires dans le but d'éviter des
pratiques médicales non homogènes, mal évaluées et sans références
communes.
Ce texte est destiné essentiellement à la communauté médicale amenée à
prendre en charge les personnes ayant un risque accru, d'origine génétique,
de développer un cancer du sein ou de l'ovaire. De ce fait même, le présent
document prend avant tout en considération les données médicales mais
entend attirer l'attention des médecins sur le fait que cette pratique qui n'est
pas encore bien définie se heurte à un certain nombre d'incertitudes et de
difficultés.
Celles-ci concernent tout d'abord les femmes venues consulter un
oncogénéticien: si l'information pour celles d'entre elles qui ne sont pas
porteuses de l'anomalie génétique incriminée peut être rassurante, tel n'est
pas le cas pour celles qui ont hérité de l'anomalie. Pour ces dernières se pose
la question des possibilités qui leur sont offertes de la prise en charge non
pas d'une maladie avérée, mais d'un risque de la développer.
En outre, la confirmation, voire l'établissement du diagnostic, nécessitent parfois
la collaboration des membres de la famille; ceux-ci vont être impliqués dans un processus médical sans en avoir eu l'initiative. Une telle collaboration ne va pas
de soi dans la mesure où ils ne sont pas à l'origine de la demande. A la différence
de la médecine traditionnelle centrée sur la personne soignée et/ou prise en
charge, ce type de médecine, mobilisant des tiers étrangers à la relation initiale,
est susceptible de mettre en jeu des intérêts contradictoires. Les médecins
défendant l'intérêt de leurs patients ne peuvent pas résoudre seuls ce type de
contradiction.
A ces difficultés s'ajoute le fait que les prises en charge proposées ne peuvent
actuellement plus être considérées comme des activités de pure recherche, sans
toutefois constituer une pratique médicale établie. Aussi les médecins doivent-ils
tenir compte pour cette pratique à la fois des règles qui régissent la recherche et
de celles qui concernent les soins.
Enfin les effets psychologiques d'une telle démarche doivent être pris en
considération avec la plus grande attention tant en ce qui concerne les
consultantes que les membres de la famille qui peuvent être sollicités par la
suite.
Les auteurs, membres du groupe d'expertise dans leur diversité de compétences,
de formations et d'expérience se sont efforcés de prendre en compte les
particularités des problèmes posés par la prise en charge des risques d'origine
héréditaire participant à la genèse de pathologies mettant en jeu le pronostic
total.
Au sein de ce groupe les membres ont été amenés à défendre des priorités
différentes, et même parfois opposées, à titre d'exemples
- assurer une prévention/éviter les complications de la prise en charge,
- agir immédiatement sans certitude/attendre parfois longtemps des certitudes,
- défendre l'intérêt de la personne qui consulte/respecter et ne pas nuire aux
membres de la famille...
La résolution de ces oppositions n'a pas été toujours possible et demandera du
recul sur ces pratiques.
Les recommandations qui sont issues de ce texte entendent constituer des points
de repère définissant ce qui, selon ce groupe d'experts, est aujourd'hui
acceptable.
Les auteurs de ce rapport d'expertise collective INSERM-FNCLCC souhaitent
que tous les intervenants impliqués dans l'oncogénétique soient conscients qu'il
est fondamental de respecter le choix des individus. Pour cela, il faut insister sur
le rôle central qu'occupent les processus d'information des personnes concernées.
Les médecins doivent s'assurer de la compréhension des informations qu'ils
délivrent et tenir compte de leur retentissement psychologique au niveau
personnel, familial et social... |
en |