Ailhaud, Gérard Beck, Bernard Bougnères, Pierre-François Charles, Marie-Aline Frelut, Marie-Laure Martinowsky, Marina Poulain, Jean-Pierre Ricquier, Daniel Rivière, Daniel Rolland-Cachera, Marie-Françoise Vaisse, Christian Ziegler, Olivier Guesnet, Philippe Thibault, Hélène Vidailhet, Michel Basdevant, Arnaud Institut national de la santé et de la recherche médicale
Abstract :
La prévalence de l’obésité augmente dans tous les pays du monde et la France
n’échappe pas à ce phénomène épidémique. C’est un fait de société lié aux
modifications des modes de vie. Bien que définir l’obésité de l’enfant n’apparaisse
pas si simple, les tendances évolutives appréciées par des définitions
diverses sont concordantes pour conclure que l’enfant est particulièrement
affecté par cette épidémie. En France, on peut estimer que la prévalence de
l’obésité des enfants de 5 à 12 ans est passée de 6 % dans les années quatrevingts
à 10-12 % une quinzaine d’années plus tard. L’augmentation du nombre
d’enfants touchés est très rapide, et pose en termes de santé publique, le
problème des complications susceptibles de compromettre leur santé à long
terme.
De nombreuses études ont tenté d’estimer la part des différents facteurs de
risque de survenue de l’obésité, maintenant reconnue comme une maladie. Le
développement de celle-ci est favorisé par des facteurs génétiques et d’environnement.
Paradoxalement, les maladies des sociétés d’abondance que sont
l’obésité et ses complications - diabète de type 2, hypertension artérielle et
maladies cardiovasculaires - touchent plus particulièrement les adultes en
situation socialement moins favorable. Cet effet semble moins net chez les
enfants.
Les premiers progrès réalisés dans la compréhension de l’obésité sont dus aux
avancées de la génétique et à l’élucidation de mécanismes moléculaires qui
régulent l’appétit et le développement de la masse grasse. Quelle que soit la
complexité de ces systèmes, le surpoids et l’obésité sont toujours le résultat
d’une inadéquation entre apports et dépenses énergétiques. La tendance séculaire
étant plutôt à une diminution du nombre de calories absorbées par jour
en moyenne dans la population, l’augmentation de l’obésité serait probablement
en rapport avec les changements du mode de vie liés à une sédentarité
accrue. La valeur moyenne ne reflète cependant pas obligatoirement les
modifications des apports caloriques dans certains sous-groupes de population.
Quelques études d’observation ont montré une association entre le temps
passé devant la télévision et l’obésité chez l’enfant et l’adolescent. D’autres
facteurs, notamment nutritionnels, pourraient jouer un rôle dès la première
enfance : les déterminants de l’obésité peuvent se mettre en place précocement
et l’obésité n’apparaître que bien plus tard...