| dc.description.abstract |
Les manifestations allergiques, l’asthme en particulier, sont de plus en plus
fréquentes dans tous les pays industrialisés. Il faut également remarquer que
non seulement la prévalence mais aussi la sévérité de l’asthme se sont fortement
accrues au cours des dernières années. Plusieurs études effectuées à
travers le monde montrent que, depuis 1960, la fréquence de l’asthme s’accroît
d’environ 6 % à 10 % par an chez l’enfant, quels que soient le pays ou l’ethnie
étudiés. Elle est la première maladie chronique de l’enfant dans les pays
développés. Cette augmentation ne semble pas procéder d’une modification
des moyens de diagnostic ou d’une meilleure connaissance de l’affection.
Si la prise en charge de l’asthme a nettement progressé depuis une vingtaine
d’années, du fait d’une meilleure connaissance des mécanismes physiopathologiques
de la maladie et de l’arrivée sur le marché de nouvelles thérapeutiques,
il reste cependant essentiel d’appréhender les facteurs à l’origine de sa
progression foudroyante.
Les facteurs à l’origine des maladies allergiques, et de l’asthme en particulier,
sont de deux ordres, génétiques et environnementaux, d’importantes interactions
existant entre eux. Si un certain nombre de gènes candidats pour
l’immunopathologie de l’asthme sont en cours d’identification, des modifications
de ces gènes ne peuvent constituer une explication cohérente pour
rendre compte de l’augmentation de la prévalence de l’asthme observée ces
vingt dernières années. Les facteurs environnementaux apparaissent comme
l’explication la plus plausible : la pollution de l’air et les modifications du
mode de vie, d’une part, la disparition de facteurs de résistance (infections au
cours de la petite enfance), d’autre part, sont en première ligne des responsables
possibles.
L’asthme est défini comme une obstruction bronchique réversible, spontanément
ou sous l’effet de traitements bronchodilatateurs. Sur le plan physiopathologique,
l’asthme est caractérisé par une inflammation de la muqueuse
bronchique. Cette inflammation est constante, plus ou moins importante
selon le stade de gravité de la maladie.
La prise en charge des asthmatiques a largement bénéficié d’une meilleure
compréhension des mécanismes physiopathologiques impliqués dans le développement
de la maladie. Cette meilleure connaissance a permis d’élaborer
une stratégie thérapeutique cohérente et de proposer des schémas de traitements
appropriés aux différentes formes d’asthme.
Cependant, si nous avons largement progressé dans la compréhension de
l’histoire naturelle et la prise en charge de l’asthme, il n’existe pas encore de traitement curateur de la maladie. C’est dire l’importance des mesures préventives,
qui reposent avant tout sur l’éducation des patients, mais aussi des
médecins. La prévention primaire implique un processus dans lequel l’intervention
précède le développement de la maladie. La prévention secondaire a
pour objectif de prévenir le développement de la maladie chez un sujet
prédisposé, par exemple atopique. Pour les patients chez qui le diagnostic
d’asthme a été posé, la prévention tertiaire consiste en une modification de
l’environnement et la prescription d’un traitement pharmacologique adapté.
Ce document constitue une bonne synthèse des travaux les plus représentatifs
en épidémiologie, physiopathologie et clinique. Il indique les principales
recommandations en prévention et éducation à la santé, à l’intention des
différents acteurs impliqués dans la prise en charge de cette pathologie, et
propose quelques pistes de recherche qui mériteraient d’être développées. |
en |