Déficits auditifs : recherches émergentes et applications chez l'enfant
Author :
Avan, Paul
Cazals, Yves
Dauman, René
Denoyelle, Françoise
Hardelin, Jean-Pierre
Alimi, Elisabeth
Bonnin, Fabienne
Chenu, Catherine
Etiemble, Jeanne
Pellier, Anne-Laure
Rondet-Grellier, Chantal
Institut national de la santé et de la recherche médicale
Abstract :
La déficience auditive est le déficit sensoriel le plus fréquent chez l’enfant.
Ses conséquences sur le développement du langage et de la communication
sont importantes.
Les surdités peuvent être classées selon le degré de perte auditive (moyenne
sur les fréquences 500, 1 000, 2 000 et 4 000 Hz de la meilleure oreille) en
surdités légères, moyennes, sévères et profondes. Les surdités sévères et profondes
correspondent à une déficience auditive qui, sans réhabilitation,
entraîne l’absence d’acquisition du langage oral. Même les surdités moyennes,
qui représentent 50 % des surdités, ont un impact sur les apprentissages
scolaires, le développement cognitif et l’adaptation sociale qui ne doit pas
être sous-estimée.
Les surdités peuvent être également classées selon l’emplacement du défaut
primaire (oreille externe, moyenne, interne). À partir de l’audiogramme
obtenu chez l’enfant (comparaison des courbes de conduction aérienne et
osseuse), on distingue les surdités de perception (oreille interne, nerf auditif,
voies auditives centrales) et les surdités de transmission (oreille moyenne
essentiellement).
Les surdités de l’enfant peuvent être isolées (non syndromiques) ou syndromiques
(c’est-à-dire associées à des anomalies d’autres organes). La prévalence
de la surdité augmente avec l’âge. Certains types de surdité, en
particulier les surdités génétiques, apparaissent durant l’enfance ou même à
l’âge adulte. La répartition des surdités prélinguales (c’est-à-dire survenant
avant l’âge d’apparition du langage) dans les pays développés est aujourd’hui
estimée à 10-15 % de surdités syndromiques héréditaires, 60-65 % de surdités
isolées héréditaires et 20-25 % de surdités d’autre origine (infections,
médicaments, complication de la prématurité…).
L’identification des gènes responsables constitue un axe récent de recherche
sur l’origine des déficits auditifs. Ces gènes codent pour des protéines qui
sont impliquées dans les processus cellulaires du fonctionnement de la
cochlée, organe de l’audition dans l’oreille interne. Leur connaissance présente
un intérêt pour la pratique clinique quotidienne car elle peut permettre
de cibler un diagnostic moléculaire pour le conseil génétique et
pronostique.
En France, il n’existe pas encore d’organisation générale permettant de réaliser
systématiquement le dépistage à la naissance. La rubrique « dépistage
néonatal de la surdité » figure néanmoins dans le carnet de santé depuis 1970. Des outils non invasifs chez le nouveau-né existent depuis quelques
années (otoémissions acoustiques, potentiels évoqués auditifs automatisés).
Si une anomalie est décelée par un test de dépistage en maternité, des tests
plus complexes à visée diagnostique doivent être réalisés en milieu spécialisé
pour évaluer précisément le niveau auditif.
Par ailleurs, on sait que la prise en charge doit être précoce afin de se situer
pendant la période critique (liée à la plasticité cérébrale), durant laquelle le
langage oral s’organise à partir des sons entendus. Les possibilités de prise en
charge évoluent profondément, avec en particulier la réhabilitation des surdités
profondes par implant cochléaire. Toutes ces avancées peuvent contribuer
à réduire fortement le handicap lié à cette déficience.
De nouveaux défis se posent donc à l’acoustique, discipline déjà ancienne,
pour l’amélioration du dépistage, du diagnostic et de la prise en charge qu’il
s’agisse d’appareillages prothétiques ou d’implants cochléaires qui présentent
encore des imperfections multiples dans un environnement bruyant.(...)
Description :
150 pages, tableaux, bibliographie pages 102 et 103
Subject :
Surdité; Audition; Surdité congénitale; Dépistage néonatal; Génétique; Otoémissions acoustiques; Potentiels évoqués auditifs automatisés; OEA; PEAA; Réhabilitation auditive; Dépistage; Diagnostic; Physiologie de l'audition
Date :
2006
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