Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie : bilan des données scientifiques
Author :
Barrouillet, Pierre
Billard, Catherine
de Agostini, Maria
Démonet, Jean-François
Fayol, Michel
Gombert, Jean-Emile
Habib, Michel
Le Normand, Marie-Thérèse
Ramus, Franck
Sprenger-Charolles, Liliane
Valdois, Sylviane
Deleau, Michel
Meirieu, Philippe
Bonnin, Fabienne
Chenu, Catherine
Etiemble, Jeanne
Gomis, Cécile
Pellier, Anne-Laure
Rondet-Grellier, Chantal
Institut national de la santé et de la recherche médicale
Abstract :
La dyslexie, la dysorthographie et la dyscalculie sont des troubles spécifiques
des apprentissages scolaires dont l’origine est reconnue comme neuro-développementale.
Cependant, ils ne proviennent pas d’une déficience avérée
qu’elle soit sensorielle, motrice ou mentale, d’un traumatisme ou d’un trouble
envahissant du développement. Même si la définition de ces troubles
dans les classifications exclut une origine culturelle, sociale, économique,
pédagogique ou psychologique, cela ne signifie pas pour autant que ces facteurs
ne jouent pas un rôle.
L’objectif de cette expertise est de réaliser un bilan des travaux scientifiques
menés au cours des dernières années pour faire émerger des éléments de connaissance
pouvant contribuer à une meilleure façon d’envisager la prévention,
le repérage et la prise en charge des troubles spécifiques des apprentissages scolaires.
Le développement des connaissances dans ce domaine a été particulièrement
fécond au cours des dernières années et s’étend à plusieurs disciplines :
psychologie, neurosciences, sciences cognitives, linguistique, psycholinguistique,
neurobiologie et neuropsychologie. Certaines de ces disciplines ont
permis de différencier et spécifier des troubles focalisés du langage oral et
écrit, du graphisme, de l’écriture, de l’orthographe, du calcul, et de formuler
des interprétations fonctionnelles.
Dans certains domaines, l’avancée des connaissances a permis d’aller jusqu’à
une mise en relation avec l’organisation cérébrale des systèmes de traitement
de l’information. Cependant, leur caractère spécifique, qui les différencie
radicalement des retards généraux d’apprentissage, n’implique pas qu’ils
soient monofactoriels ou isolés. Si des enfants sont en échec scolaire du fait
de conditions sociales défavorables ou d’un niveau éducatif insuffisant, cette
réalité n’écarte pas l’existence de troubles spécifiques chez ces mêmes
enfants, ni l’implication de tels facteurs dans l’expression du trouble. Mais,
le fait de trouver des enfants atteints de dyslexie dans tous les milieux, y
compris dans les milieux les plus favorisés, et ce quelles que soient les
méthodes d’enseignement utilisées infirme les seules explications sociologiques
et pédagogiques de ce type de trouble.
Par ailleurs, certaines difficultés d’apprentissage peuvent s’inscrire dans une
psychopathologie avérée ou dans des interactions précoces perturbées. Il faut
cependant noter qu’une souffrance psychique relevée chez bon nombre
d’enfants en difficulté d’apprentissage est souvent une conséquence de leur
échec scolaire. L’implication de facteurs socioéconomiques, pédagogiques, linguistiques, psychologiques
à l’origine des troubles n’apparaît pas en contradiction avec un
modèle neuro-cognitif ou génétique si l’on admet un modèle pluricausal. Par
ailleurs, on peut concevoir l’influence de ces mêmes facteurs sur la plus ou
moins grande facilité à surmonter ces déficits. Néanmoins, la littérature sur
ces aspects est encore peu développée et des travaux pluridisciplinaires de
qualité seraient nécessaires.
Les recherches des trente dernières années ont surtout porté sur les mécanismes
cognitifs sous-jacents à la dyslexie et conduit à l’élaboration de différentes
théories. Par ailleurs, le développement récent de l’imagerie cérébrale fonctionnelle
et des techniques de génétique moléculaire a apporté des éclairages
complémentaires sur les relations entre la dyslexie et ses substrats cérébraux.
La littérature scientifique faisant état de ces travaux a été passée en revue dans
la présente expertise. En termes de recherche, il reste à explorer l’intégration
des différentes théories en une conception globale pouvant expliquer les manifestations
de ces déficits. Des facteurs génétiques,, le fonctionnement cognitif,
la structuration du psychisme, les systèmes familiaux et sociaux contribuent
ensemble au développement des compétences de l’enfant. Cette complémentarité
des approches devrait permettre une prise en charge de l’enfant dans sa
globalité tant au plan cognitif, qu’au plan de sa relation à son environnement.(...)
Description :
861 pages, figures, tableaux
Subject :
Neurobiologie; Neuropsychologie; Orthophonie; Cognition; Apprentissage; Lecture; Phonologie; Syntaxe; Prosodie; Sémantique; Phonétique; Procédure lexicale; Phonème; Alphabet; Voyelle; Consonne
Date :
2007
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