Santé des 14-20 ans de la protection judiciaire de la jeunesse (Secteur public) sept ans après
Author :
Choquet, Marie
Hassler, Christine
Morin, Delphine
Cazier, Dominique
Dray, Dominique
Choquet, Luc-Henry
Goislard, Laurent
Grousset, Jocelyne
Institut national de la santé et de la recherche médicale
Abstract :
Qu’est ce la PJJ ?
La Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) est un service de l'Etat, Ministère de la Justice.
Sa mission est d’assurer la mise en œuvre des mesures prises par les magistrats à l'égard des
mineurs et jeunes majeurs en application des textes relatifs à l'enfance délinquante (ordonnance du 2
Février 1945) ou à l’enfance en danger ( article 375 du code civil assistance éducative). La PJJ s’occupe
donc de jeunes, qui, de par leur entourage familial ou/et de par leur propre comportement, sont « à haut
risque », en regard des jeunes de la population générale.
Les mesures prononcées sont extrêmement diverses (mesures d'investigation, mesures d'éducation
en milieu ouvert ou de placement en établissement, mesure de liberté surveillée, de réparation…) et de
durée variable (de quelques jours à plusieurs mois). L'exercice de ces mesures consiste en une action
éducative auprès des jeunes afin de les aider à surmonter leurs difficultés personnelles….
Les services du secteur public et du secteur associatif habilité assurent », 156 835 mesures au 31
décembre 2003, dont 75% au titre de « l’enfance en danger », 22% de « l’enfance délinquante » et 3% de
la « protection des jeunes majeurs ».
La santé des jeunes sous protection judiciaire, pourquoi une enquête spécifique ?
La majorité des enquêtes épidémiologiques concernant la santé globale1 portant sur de larges
échantillons (au moins 2 000 par âge exact) d’adolescents a été effectué en milieu scolaire (voir enquêtes
INSERM et ESPAD).
Quant aux jeunes pris en charge par des institutions spécialisées (hospitalisation de longue durée
pour des raisons somatiques ou psychiatriques, mise sous tutelle judiciaire, prisonniers, …), les enquêtes
en population générale permettent rarement de les étudier. En effet, trop peu nombreux, il faudrait des
échantillons très importants pour pouvoir les isoler (et étudier) comme sous-groupe significatif. A titre
d’exemple, comme les jeunes sous protection judiciaire représentent environ 0.5% de la population
générale juvénile 13-20 ans, il faudrait interroger un échantillon de 40 000 sujets de cet âge pour obtenir
un échantillon de 200 jeunes PJJ. D’où la nécessité de compléter les enquêtes « en population » par des
enquêtes auprès d’échantillons « cliniques », c’est-à-dire recrutés dans le cadre d’une prise en charge
spécifique. La PJJ assure une de ces prises en charge spécifique de sujets en grande difficulté. L’intérêt d’une étude épidémiologique auprès de cette population est double. D’abord, de mieux
connaître la santé d’une population connue essentiellement sous l’angle social et judiciaire, rarement sous
l’angle de leur santé au sens large du terme (incluant les aspects somatiques, psychologiques, scolaires et
sociaux). Ensuite, d’obtenir un échantillon d’une taille suffisante pour permettre des analyses sur des
sous-groupes spécifiques (par âge, par sexe, …). Mais l’intérêt de la recherche actuelle est de permettre
une comparaison de ces jeunes PJJ avec la population générale scolaire. Décrire les jeunes PJJ seuls, sans
pouvoir les référer à des « témoins », n’a que peu d’intérêt pour un épidémiologiste. En effet, leurs
spécificités (autant au niveau de la prévalence des troubles et conduites qu’au niveau des facteurs qui y
sont associés) ne peuvent émerger qu’à la suite d’une comparaison avec ceux qui, du même âge et du
même sexe, ne sont pas pris en charge par le système judiciaire.
Description :
209 pages, graphiques, tableaux, références bibliographiques disséminées
Subject :
PJJ; Troubles comportementaux
Date :
2005-10
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