Couanau, R. Institut national de recherche pédagogique
Abstract :
Il est heureux que la présente brochure, rédigée à la demande
de la direction des écoles, et destinée à faire le point de l'application
des textes de 1969 et 1972 relatifs à la formation des
instituteurs, paraisse aujourd'hui, au moment de la mise en
œuvre des premières mesures de rénovation de cette formation.
En effet, bien qu'organisée à partir de la connaissance d'un état
qui a probablement évolué depuis juin 1977, d'un état que le
nouveau plan de formation invite à transformer profondément,
cette étude apporte des faits à étudier et des axes de réflexion
dont l'intérêt actuel ne saurait être négligé.
Soulignons d'abord l'importance de la collaboration qui s'est
établie entre le département de la recherche de l'I.N.R.P. et la
direction des écoles : la rédaction des questionnaires et du
compte rendu, de même que la diffusion et l'exploitation
des informations recueillies ont eu lieu dans des conditions
favorables grâce à des échanges fréquents entre la D.E. et:
l'I.N.R.P. Cette collaboration devra être accentuée et approfondie
pour que les initiatives soient décrites, analysées et soumises
à la réflexion de tous : et pour qu'ainsi soit facilité
l'indispensable effort de confrontation et de régulation des
pratiques, nécessairement diverses, qui vont se mettre en place
dans le cadre général que les textes officiels ont tracé.
Dans la masse des informations recueillies par cette enquête
deux faits — au moins — sont à souligner. Il s'agit de ce que
les auteurs du rapport ont appelé « une invention collective »,
et qui concerne l'accueil des normaliens ; et ensuite, une série
d'interrogations nées d'une réflexion sur les pratiques décrites.
En ce qui concerne le premier point, il est clair que tout ce
qui a été réalisé pour sensibiliser les élèves-maîtres au milieu
enseignant pour les aider à évaluer leurs besoins se trouve
d'actualité : il s'agit là de deux problèmes importants qui seront
à traiter dès la présente année scolaire, dans toutes les écoles
normales. Le premier trimestre de la nouvelle formation conduira
en effet à accorder une importance particulière au choix du
terrain dans lequel les élèves-maîtres découvriront la réalité
scolaire dans toute sa complexité et dans toutes ses dimensions.
De même, c'est dès le premier trimestre que l'étude de
multiples problèmes d'évaluation devra être engagée.
C'est pourquoi toutes les expériences faites et toutes les réflexions
esquissées seront utiles à tous...
Les interrogations liées à l'analyse des pratiques ont le mérite
de mettre en évidence un fait essentiel : l'action dans l'école
aujourd'hui a sans doute moins besoin de modèles à imiter que
de questions claires, précises, posées avec rigueur. Il faut
peut-être apprendre à renverser la tendance trop fréquente
qui consiste à parler des solutions avant de s'être assuré que
les questions ont été bien posées. C'est pourquoi il est important que, dans le cadre des grands
axes tracés par le plan de rénovation, et en fonction des objectifs
qu'il précise, chacun — individuellement ou dans le cadre
des équipes de formation qui se constitueront — apprenne à
formuler les questions et les interrogations claires qui lui serviront
à comprendre et à évaluer sa pratique. Et parmi les
interrogations formulées, celle qui concerne l'articulation théorie-
pratique semble fondamentale car, de proche en proche,
c'est toute l'économie des systèmes mis en place qu'elle conduit
à examiner. Il serait utile qu'une telle question soit approfondie
et précisée : conjointement ou séparément par les écoles
normales et par les organismes de recherche.
Ces quelques faits, rapidement relevés, suffisent à souligner
que la rénovation entreprise, si elle constitue bien « une innovation
sans rupture » se doit d'être également une création
continue qui exige la mobilisation de tous : instituteurs, formateurs
et chercheurs...