Généralement, les problèmes pédagogiques sont posés en termes de " transmission » du savoir. Il s'agit, dans cette perspective,
de trouver la méthode pédagogique la plus adéquate à
faire « passer » un savoir donné, de sorte que l'élève « assimile »
un certain nombre de connaissances et ne soit pas une simple
machine à enregistrer.
Cependant, même lorsque ce savoir ne vient pas du maître mais
des livres, ou même lorsque le maître imagine une tactique
pédagogique Inductive pour amener progressivement l'élève à
acquérir le dit savoir, il nous apparaît qu'il s'agit toujours d'une
procédure de transmission.
Ce que nous voulons faire c'est poser les problèmes pédagogiques
en termes de « construction » du savoir par les élèves,
savoir à visage multiple qui naît des rapports de communication
qui s'établissent entre les individus.
Dans cette dernière perspective, la problématique pédagogique
n'est plus affaire d'application des sciences humaines (linguistique,
psychologie, sociologie, etc.), mais elle fait partie intégrante
d'une réflexion théorique sur les faits de communication
et de langage.
C'est pourquoi nous accordons, dans nos travaux de recherche,
autant d'importance à la réflexion théorique (1) qu'aux procédures
pédagogiques proprement dites. On le remarquera tout
au long de la présentation de nos expérimentations ainsi que
par l'existence des annexes théoriques en fin d'ouvrage.
Le travail que nous présentons, ici, et qui n'est qu'une partie
d'un projet de longue haleine, peut se résumer en une préoccupation
et deux axes de recherche :
— Notre préoccupation c'est de créer une pédagogie qui place
l'élève au cœur des mécanismes de la Communication du point
de vue du Sens, rejetant délibérément la surface stylistique du
discours.
Nos axes de recherche sont :
— l'un plus strictement linguistique, c'est-à-dire plus tourné vers
la phrase, encore que nous n'éliminions jamais totalement la
dimension énonciative du discours. Il s'agit de la première partie
« Elucidation du Sens » ;
— l'autre plus sémio-linguistique, c'est-à-dire tourné vers la
totalité du discours comme acte de communication. C'est la
deuxième partie « Communication et Expression ».
Chacune de ces parties se présente d'une façon particulière
parce qu'elle est le résultat du travail d'un groupe particulier —
et de toute évidence chaque groupe a une personnalité qui lui est propre —, mais cette différence tient également au fait que
le groupe « Elucidation du Sens » travaille aux niveaux du premier
degré et du premier cycle du second degré, alors que le
groupe « Communication et Expression » travaille exclusivement
au niveau du second degré.
Un dernier mot pour émettre un vœu : que nos collègues du
premier et du second degrés nous fassent part de leurs critiques
: une recherche de cet ordre a besoin d'être constamment
confrontée à la multiplicité des réalités pédagogiques, et pour
autant que nous expérimentions nous-mêmes en classe, nous ne
pourrons jamais nous passer des réactions des autres collègues.